Le micro-récit à l'école

Le micro récit a toute sa place à l’école, tant dans le premier que dans le second degré. On dépassera grâce à lui certaines résistances qui pourraient apparaître ou qui sont déjà ancrées chez des élèves peu motivés par l’écriture ou qui sont tétanisés par la page désespérément blanche.

L’apprentissage puis la pratique du micro-récit présentent de nombreux avantages lors de l’apprentissage de l’écrit en classe :

  1. Il est moins chronophage à produire,
  2. Il est moins chronophage à corriger,
  3. Il favorise une écriture régulière tout au long de la semaine,
  4. Il s’organise selon quelques principes clairs qui donnent une signification plus précise à la correction,
  5. Il apprend aux élèves à concevoir un texte qui a immédiatement du sens et qui ne se dilue pas dans la longueur et l’entassement inutile des mots. Il apprend à écrire en allant vers l’essentiel, avec une structure construite, anticipée, planifiée et attentive à la qualité linguistique. Il ne cède en rien à la facilité. Le micro-récit permet d’apprendre à écrire bien et court pour écrire bien et court, ce qui ne pourra que favoriser le mouvement vers les textes plus longs ensuite autant que de nécessaire,
  6. Il s’inscrit sans peine dans la partie des programmes des cycles 2 et 3 consacrée à l’écriture, c’est-à-dire l’expression des idées par écrit, leur rédaction. On retrouve ainsi la posture d’auteur qui s’apprend d’autant mieux qu’elle est explorée régulièrement, la préparation du texte et sa planification, sa rédaction au plus près de la pensée avec les outils de la langue, le retour sur le texte jusqu’à sa finition, l’attention portées aux composantes de la langue. Du fait de ses principes fondateurs, le micro-récit permet l’exploration des mondes et registres, des types d’écrits. Même s’il préfère la narration, il infiltre d’autres types de textes. Il est, à lui seul, un genre et un type d’écrit qu’on pourrait reconnaître au premier coup d’œil.

Bruno Germain